Les kimonos sont des habits traditionnels que tout le monde connait. Mais connaissez-vous “Imagine One World Kimono Project” ? Pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2020 à Tokyo, les 196 pays du monde auront chacun un kimono traditionnel japonais pour les représenter. Beau projet d’artisanat japonais non ?

QUAND LES KIMONOS TRADITIONNELS SE PARENT DES COULEURS DU MONDE ENTIER


L’homme à l’origine de ce projet ambitieux s’appelle Takakura Yoshimasa ( 高倉慶応). Né en 1968 à Kurume, dans la préfecture de Fukuoka, il est le représentant de la compagnie Choya (蝶屋) : un grand magasin de Kimono regroupant plusieurs marques.

imagine one world kimono project takakura

Imagine One World Kimono Project © piow

En effet, depuis l’année 2014 que Takakura-san s’est lancé dans ce projet d’envergure. A travers l’esprit “Wa” (和), qui signifie à la fois le Japon et l’Harmonie, au travers de ces Kimonos, leur créateur espère donc créer une harmonie, une entente mutuelle, entre les pays du monde entier. On sait que le Japon est un pays pacifiste et sa contribution à la paix dans le monde est soutenue par de nombreux chefs d’états.

DES KIMONOS QUI CONTRIBUENT À L’HARMONIE DANS LE MONDE


Imagine One World Kimono Project

Kimonos pour les JO 2020 © piow

Takakura-san eut l’idée de ce projet lors d’un défilé de Kimono fait à Paris, en 2013, au Printemps Haussmann. La plupart des Kimonos exposés étaient ceux de son père ou des pièces de musée, mais il voulait créer pour l’occasion un Kimono qui formerait un « pont culturel » entre la France et le Japon.

Pour ce Kimono très spécial, il choisit de faire cohabiter le style du peintre japonais Ito Jakuchu (伊藤若冲) avec des motifs du mouvement artistique français Art Nouveau afin de fusionner les deux cultures.
Pour réaliser ce concept, il fit appel à une maison de teinturier qui, en 1900, avait reçu un prix lors de
l’Exposition Universelle.

imagine one world kimono peindre des fleurs

peindre des fleurs @ piow

Selon Takakura-san, cette maison de teinturier avait justement rapporté avec eux le style artistique Art Nouveau pour contribuer à l’avènement du style Taishô-Roman dans le monde du kimono. L’Art Nouveau étant lui-même inspiré en partie par l’art japonais, il s’agit ici d’une réciprocité entre la France et le Japon.

« Si je pouvais reproduire la même réaction auprès de chaque pays, peut-être arriverais-je, à ma manière, à instaurer une bonne entente entre tous les pays ? » se disait-il.

imagine one world kimono l'Afrique du Sud

Kimono © piow

De la sorte, Takakura-san a fondé l’association « Imagine One World » pour produire ces 196 kimonos pour les JO 2020, et encourager ainsi une coexistence pacifique dans le monde. Parmi les bénévoles et autres sympathisants du projet, les artisans viennent de plusieurs régions du Japon. En effet, on trouve notamment des tisserands de Kaga-yuzen (加賀友禅), Nishijin-ori (西陣織), Hakata-ori (博多織), Kurume-gasuri (久留米絣).

Par ailleurs, l’artisanat prend du temps et nécessite un budget justifié par un savoir-faire devenu rare. Le projet fut financé aussi bien par des donateurs individuels que des entreprises. Il faut 2 millions de yens (environ 15,000 Euros) pour chaque kimono. Ce qui fait un total de 400 millions de yens (environ 3 millions d’euros) pour représenter les 196 pays !

De plus, Takakura-san mit un point d’honneur à respecter la culture de chaque pays à travers le concept et les motifs de chaque Kimono. Pour se faire, il pris en compte la géographie, la culture, les religions et l’Histoire de chaque pays.

Kimono Afrique du Sud (kimonos des JO 2020)

Kimono de l’Afrique du Sud © piow

LE KIMONO DE L’AFRIQUE DU SUD : UN VERITABLE KALEIDOSCOPE DE FLEURS


Pour exemple, le kimono de l’Afrique du Sud, fabriqué par Matsuda Norimichi (松田徳通. Il est basé sur les nombreuses fleurs que l’on trouve dans la région du Namaqualan – dont la jacaranda et la protéa.

Lors d’un défilé à l’ambassade de l’Afrique du Sud au Japon, le premier secrétaire fut ravi. D’ailleurs, il expliqua que, comme les fleurs de cerisiers (sakura), le jacaranda est une fleur emblématique de son pays.

D’autre part, observons maintenant le Obi (帯) ci-dessous, une ceinture traditionnelle indissociable des kimonos. Elle est fabriquée par Koromo-Ôgi Shijôan (衣扇四條庵). Ce dernier s’est basé sur le motif carré traditionnel japonais appelé Ichimatsu-moyo (市松模様). Chaque carré constitue un motif floral stylisé. Chaque couleur, rouge, bleu, jaune, vert, noir et blanc, font parti du drapeau de l’Afrique du Sud.

Kimono Afrique du Sud (Les kimonos des JO 2020)

Obi de kimono. Les kimonos des JO 2020. © piow

Enfin, en voyant ces kimonos, vous ressentirez sans aucun doute chaque culture mise en scène. Il souhaite créer une unité par la forme commune de ce vêtement traditionnel d’artisanat japonais. Notre équipe a hâte de voir l’ensemble des kimonos de chaque nation lors des JO 2020 Tokyo !


Sources externes