Aizome : le bleu emblématique et traditionnel des artisans tisserands du Japon. Si on vous demandait quelles sont les couleurs représentatives du Japon, vous nous répondriez surement le blanc et le rouge pour le drapeau du Soleil Levant. Ou encore le fameux rose des fleurs de cerisier (Sakura), très présent dans l’imaginaire commun du Japon. Cependant, il est fort probable que vous ayez oublié de citer une couleur pourtant incontournable : l’Indigo d’Aizome !

Aizome : Indigo japonais

L’indigo, ou « Japan blue », est un bleu profond, puissant, presque vibrant. Cette couleur est issue de la teinture « Aizome » (藍染), faite à partir d’une plante appelée l’indigotier.

Au Japon, le fait de teindre en indigo remonte au 12ème siècle, et la plupart des teinturiers se trouvait dans la région de Tokushima, sur l’île de Shikoku.

Il faut dire que cette région, et plus particulièrement la vallée de Yoshinogawa (吉野川市, Yoshinogawa-shi), était propice à la culture de l’indigotier. Très vite, cette teinture se répandit dans toutes les couches sociales, car l’Aizome était reconnu à l’époque pour ses vertus médicinales.

Indigotier : Indigofera tinctoria

Indigotier ou Indigo des teinturiers

Cet engouement pour l’indigo se déploya surtout à partir de l’ère Sengoku (ou « Ère des Royaumes Combattants ») via les guerriers. Car non seulement la teinture Indigo est une belle couleur, mais elle renferme des propriétés antiseptiques. Ces propriétés évitent les irritations dues aux frottements des armures et à la transpiration. Une bénédiction pour les soldats !

De la plante à la couleur : une technique exigeante d’Aizome


La technique pour préparer la teinture et teindre les tissus est très complexe et exige des années d’apprentissage assidu pour la maîtriser. Tout d’abord, une ses feuilles récoltés, l’indigotier est fermenté et séché pour devenir le « Sukumo ».

Indigotier aizome

Cette matière tinctoriale est mélangée avec de la lessive de cendre, ou « Aku », et de la chaux. Il n’y a plus qu’à faire tremper dans une eau très alcaline et laisser les microorganismes présents dans le Sukumo faire leur effet.

Une fois qu’une sorte d’écume moussue se forme à la surface de la teinture, c’est qu’elle est prête à être utilisée.

cuve indigo japonais

La clé pour teindre l’indigo, c’est l’oxydation et le temps de trempe. Plus longtemps on fait tremper, plus la teinture aura pénétré le tissu. Attention toutefois à la température, qui peut accélérer ou ralentir le processus de pénétration de la teinture. Le teinturier doit donc savoir moduler le temps de trempe selon la température s’il veut obtenir le résultat attendu.

Puis, une fois exposé à l’air, par un phénomène d’oxydation, l’indigo apparaît comme par magie ! On peut répéter l’opération à volonté si on veut créer une couleur plus intense. 
Ainsi, la technique de l’Aizome peut donner non seulement ce fameux Japan Blue, mais aussi toute une gamme de bleu du plus clair au plus profond.

tissu carré bleu indigo

© BUAISOU

Un savoir-faire ancestral en plein déclin


Le Aizome de Tokushima est tellement reconnu dans tout le pays que le gouvernement japonais le désigna comme patrimoine immatériel. La région de Tokushima fut très prospère grâce à la teinturerie, mais là où il y avaient plus de mille ateliers, il n’y en auraient actuellement plus que quatre.

Encore maintenant, les teinturiers japonais les plus exigeants se fournissent exclusivement en indigotier de Tokushima, réputé pour sa qualité. Teinture 100% naturelle, belle, aux propriétés bénéfiques, que de bonnes raisons de se parer de l’indigo japonais ! Si en plus ça contribue à préserver ce savoir-faire ancestral, il n’y a que des avantages.

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© artisanatjaponais.com / Écrit par Lucas, en direct du Japon.


Sources :